Interview Hocus Pocus
Hocus Pocus sort son troisième album 16 places. Les nantais nous ont habitués à une musique méticuleuse, un hip hop groovy ou les coups de caisse claire et les beat énervés des DJs se marient parfaitement au envolées du saxophone. Un son propre, puissant, un hip hop précis, le troisième album dans la lignée des deux premiers, place 54 et 73 touches, tient ses promesses.
Souvent, les concerts de rap sont un peu ingrats pour les paroles, le son est saturé, couvert par les basses, le micro crache, la respiration du Mc haletante brise un peu un flow qui pourtant en studio paraissait très soigné.
Mais le concert d’Hocus Pocus, c’est bien plus qu’un concert de Hip hop, c’est un vrai spectacle. Ils arrivent sur scène avec une section cuivre, un sax et deux trompettes, un bassiste, un clavier, un batteur, et derrière eux, perché sur son promontoire, DJ Grimm, qui avec Le chanteur 20Syl, est aussi au platine du quatuor C2C 5 fois vainqueur du DMC (DJs Mondial Contest).
Et ça envoie du lourd. La qualité du son est étonnante, on comprend tellement bien les paroles que le public rit aux paroles des nouvelles chansons; quand à la musique elle même….
On passe des banlieues de Chicago dans les années 80 avec des vieux beats bien gras, saupoudrés parfois d’un petit coté kitch, quelques funky clap, jusqu’aux festival jazz branchés quand les solos donnent la chair de poule et arrachent un “oh yeah” sans s’en rendre compte.
Si on aime le jazz, la saoul et le hip hop, alors le concert d’Hocus Pocus est un petit moment privilégié. Le smile jusqu’aux oreilles, le public se laisse entrainer par 20syl. Assis, debout, on reprend les paroles, Grimm enregistre le rire d’un type du public pour faire un scratch avec, sur lequel tout le groupe va improviser, commencer une chanson, pour que finalement 20syl trouve pas ça terrible et enchaine sur autre chose. Tout au long du concert, un dialogue continu entre la scène et la salle.
A ceux qui trouvent que Hocus Pocus, ce n’est pas du rap, au pire un hip hop de salon pour jeunes intello, je veux bien leur céder que Hocus pocus ce n’est pas du Rap. Loin de vouloir s’enfermer dans un style et revendiquer à tout prix une étiquette, ils n’hésitent pas à varier les influences, à composer avec leur coups de cœur, sans se prendre au sérieux.
Musicalement ils sont d’une précisons extrême, rien n’est laissé au hasard, le moindre petit contretemps tombe pile au bon moment, et ça se sent. Lorsque 20syl quitte la scène et que la section cuivre passe à l’avant, la fanfare jazz met le feu à la salle. Alors non, Hocus Pocus, ce n’est pas de la musique pour jeune intello qui pensent que le jazz c’est mieux parce que tu vois, c’est pensé comme musique, tu vois. Les types d’Hocus Pocus font de la musique, de la bonne musique, parce que ça les fait triper, que ça groove a mort, et qu’ils prennent plaisir à la faire partager.
C’est donc après un spectacle ou on s’est baissé, assis, relevé, ou on a sauté, chanté avec 20syl, deux heures a peu prés de gros sons dans les oreilles, et de lumières dans les yeux (un gros boulot sur la lumière, dans le trip funk un peu kitch, genre bleu et rouge) Grimm nous à très gentiment accueilli dans les sous sol du Krakatoa. 20syl était malade apparemment, et se reposait pour la date suivante, aux vieilles charrues. Un peu tendu, visiblement Grimm n’est pas un grand fan des interviews, mais il nous a répondu de manière très complète, jusqu’à la fin, ou en un éclair, il est parti rejoindre le reste du groupe qui prenait l’apéro…
écouter l’interview :

